la zone humide star de Martinique

La Mangrove

Habitat complexe à la lisière entre la terre et la mer, symbolique du lien terre-mer.

Il est associé en premier lieu à la présence d’arbres nommés palétuviers (5 espèces présentes en Martinique) cependant il est un habitat pour un très grands nombres d’espèces et assure de nombreuses fonctions notamment en tant que zone de nurseries (juvéniles de poissons et zone de nutrition et de repos : oiseaux, mollusques, crustacés).

Il est important pour les autres écosystèmes marins en assurant une première filtration des apports terrigènes par exemple (réelle « dépollution ») mais aussi pour les humains en assurant de nombreux services écosystémiques (protection côtière, ressources halieutiques, stockage de carbone ).

Palétuvier Rouge

Rhizophora mangle

Cette espèce pionnière de la mangrove, pouvant atteindre 20 mètres de haut, colonise le front de mer où l’eau est assez profonde. Il permet à la mangrove de progresser sur la mer en fixant la vase.

De nombreuses espèces végétales et animales vivent fixées sur les racines.

Reproduction vivipare :
Très rare dans le règne végétal, la graine germe dans le fruit directement sur l’arbre. A maturité, ce propagule tombe, se fiche puis s’enracine dans la vase.

Avec ses racines échasses, il est le protecteur le plus important en cas de montée des eaux et de cyclones. Ses racines échasses s’enfoncent peu dans le sol, toutes ses racines sont aériennes. Ce palétuvier est le gardien de nos côtes. L’écorce du palétuvier est dotée de lenticelles, de petites aspérités qui permettent les échanges gazeux entre l’atmosphère et l’arbre. Il résiste à une salinité importante.

Illustration © Kaytleen Avenel

Ananas bois

Aechmea reclinata

Cette espèce a été découverte en 1998 par une équipe du Parc Naturel Régional en arrière-mangrove de Génipa. C’est une espèce endémique de Martinique : elle n’existe que dans notre île ! Très rare, elle n’a été observée que dans la mangrove de Génipa et sur quelques mornes dans le sud.
C’est une plante épiphyte (qui utilise d’autres plantes comme support), ou plus rarement terrestre. Ses longues feuilles disposées en rosette évoquent celles de l’ananas, qui appartient à la même famille (les Bromeliaceae). L’inflorescence (ensemble des fleurs) est particulièrement belle.

Illustration © Alice Arnaud

Crabe de Palétuvier

Aratus pisoni

Ce petit crabe d’environ 2 cm de long, grimpe de jour comme de nuit sur les racines de palétuvier rouge dont il broute les feuilles, l’écorce et les algues.

Ce crabe ne fait pas de terrier, il vit en se déplaçant avec agilité sur les racines de palétuvier. Il marche pas de travers comme les autres mais bien droit !

Illustration © Alice Arnaud

Crabe Cirique

Callinectes sapidus

Le crabe nageur se déplace très vite dans l’eau grâce à ses pattes postérieures en forme de nageoires. On le rencontre dans les herbiers, les rivages et les lagunes peu profondes.

 

Illustration © Kaytleen Avenel

Barracuda

Sphyraena barracuda

Les juveniles grandissent dans la mangrove qui est en même temps le garde manger des adultes. 

Ce poisson pélagique est un carnassier et ça se voit avec ses dents acérées. Sa mâchoire prognathe ( sa mâchoire inférieure est plus avancées que sa mâchoire supérieure)  équipée de dents redoutables lui permet d’attraper poissons et céphalopodes. Il ne craint que l’homme et le requin!

Illustration © Kaytleen Avenel

Demoiselle Cacao

Stegastes variabilis

Les poissons-demoiselles sont des poissons de récifs coralliens. Le nom demoiselle leur a été attribué pour leurs petites tailles, leurs couleurs voyantes, leurs formes toutes en rondeurs et leurs aspects plaisants. Plaisants ? Mais attention, elles n’ont pas peur de s’approcher des plongeurs pour défendre leurs territoires !

La demoiselle cacao est inscrite comme un grand nombre d’espèces marines sur la liste rouge de l’IUCN.

Illustration © Kaytleen Avenel

Papillon 4 yeux

Chaetodon capistratus

Souvent en couple, ils nagent au-dessus des coraux et leurs juveniles viennent s’abriter dans les racines de palétuvier.
Comme tous les poissons-papillon, il a un corps ovale et aplati latéralement.
4 yeux ? Parce qu’ils ont une tâche noire et on dirait qu’ils ont 4 yeux ! La fonction de ces ocelles noires sur le corps est d’imiter un œil afin de tromper les prédateurs, d’autant plus que le véritable œil est masqué par la bande noire sur la tête. Si c’est pas dingue ça?
Et sinon, il vit proche des coraux car il mange leurs polypes !

Illustration © Kaytleen Avenel

Langouste

Panulirus argus

Crustacés très prisés. En Martinique, la pêche et la vente de langoustes sont réglementées.

La langouste apprécie les zones de roches et de coraux. Elle se cache car elle sait que beaucoup l’aime bien préparée ! Elle repère ses proies de très loin grâce à ses longues antennes et nettoie ainsi les fonds marins (faut dire qu’elle aime bien les cadavres).

Vive l’autonomie de la Martinique… euh… La langouste présente le même moyen de défense que le lézards : l’autotomie. Elle peut se séparer volontairement de ses antennes pour échapper à un prédateur. Par la suite, les nombreuses mues leur permettront de repousser.

Illustration © Corentin de Sieter

Ouassou

Panulirus argus

Au départ, elle habite la Floride et le Brésil…
Il s’agit bien d’une crevette capable de nager contrairement à l’écrevisse qui marche au fond de l’eau.
La super femelle porte jusqu’à 10 000 œufs sous son abdomen !

Illustration © Jimmy Mayala

Kayali / Héron Vert

Butorides virescens

Le héron vert ou Kayali est une espèce de petit héron au cri perçant qui déchire le calme de la mangrove.

Il fréquente tous les points d’eau et attend patiemment le passage de petits poissons et d’insectes aquatiques pour se nourrir.

Illustration © Kaytleen Avenel

Aigrette Neigeuse

Egretta thula

L’aigrette neigeuse est une espèce d’oiseaux appartenant à la famille des Ardeidae. C’est un héron blanc de taille moyenne, mais d’allure générale un peu plus trapue. Elle se distingue par ses pieds jaunes.

On la rencontre plutôt dans les zones humides comme les mangroves où elle chasse en solitaire.

Illustration © Jimmy Mayala

Huitre Plate des Palétuviers

Isognomon alatus

Cette huître pousse sur les racines échasses du palétuvier rouge.
L’huître, comme tous les bivalves, est un coquillage filtreur. Son alimentation résulte de deux actions : le pompage et la filtration. L’huître pompe l’eau de mer pour capter les particules nécessaires à son alimentation, et l’oxygène nécessaire à sa respiration. Elle pompe en moyenne 10 à 15 litres d’eau par heure. La filtration correspond à la rétention des phytoplanctons (micro algues) qui vont l’alimenter.

En Martinique, l’espèce n’est pas directement consommée mais elle permet de fournir un bon indice de contamination du milieu littoral ! C’est tristement utile…

Illustration © Alice Arnaud

Ascidie de Mangrove

Ecteinascidia turbinata

Elle fait dans le social !
L’ascidie de mangrove pousse en colonies denses. C’est une ascidie sociale : tous est reliés les uns aux autres par sa base. Est-ce que nous ne sommes pas tous un peu reliés aux autres ?
Nous, les vivants…

Comme les huîtres, les ascidies sont des animaux filtreurs, qui se nourrissent des particules nutritives présentes dans un flux d’eau qui les traverse. 

Illustration © Jimmy Mayala